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Septembre 2008
Au secours, je dois changer d'école!
Comment réagirais-tu si tes parents t'annonçaient que tu dois changer d'école? Un nouveau quartier, des nouveaux enseignants, des nouveaux amis... Camille, 13 ans, nous raconte sa réaction, ses craintes et son intégration.
Par Julie Champagne
COMMENT AS-TU APPRIS QUE TU ALLAIS DÉMÉNAGER?
C’était un samedi soir. Nous finissions de
souper quand mes parents nous ont dit
qu’ils avaient une nouvelle importante à
nous annoncer. Mon père avait décroché
une promotion. Sur le coup, ma soeur,
mon frère et moi avons sauté de joie.
Mes parents n’ont pas cillé. Ils avaient
un air sérieux et paraissaient presque
nerveux. Ils ont alors ajouté que
l’emploi en question était au centre-ville
de Montréal. Après de longues
délibérations, ils ont pris la décision
de déménager. Ils souhaitaient saisir
cette occasion unique.
QUELLE A ÉTÉ TA RÉACTION?
J’ai éclaté en sanglots. Je leur en
voulais terriblement de m’imposer un tel
changement. Je ressentais beaucoup de
colère. Mes parents ne semblaient pas
comprendre que ma vie se trouvait à
Trois-Rivières. Je n’avais pas envie de
perdre ma maison, ma meilleure amie,
mes repères... Je me foutais de
Montréal. Je me foutais de la promotion
de mon père. J’ai tenté de marquer ma
désapprobation, mais la décision était
sans appel. Le déménagement était
prévu trois semaines plus tard.
C'EST RAPIDE, COMMENT AS-TU ANNONCÉ LA NOUVELLE À TES AMIS?
Aussitôt le souper terminé, je me suis
barricadée dans ma chambre. J’avais
envie de m’isoler, d’éviter mes parents.
Je devais d’abord digérer la nouvelle.
J’ai appelé Laurence sur-le-champ. Elle
est ma confidente, et j’éprouvais le
besoin de partager ma peine avec elle.
Comme moi, elle était sous le choc. Mais
elle est vite retombée sur ses pattes.
Optimiste, Laurence a tenté de me
convaincre que c’était un changement
excitant. Comme je capote sur Guillaume
Latendresse, elle m’a rappelé qu’au
moins, à Montréal, je pourrais aller voir
jouer les Canadiens au Centre Bell!
PEUX-TU DÉCRIRE TES DERNIERS MOMENTS AVEC TES AMIS?
Les derniers jours ont été chargés en
émotions. Les larmes me montaient aux
yeux lorsque j’entendais mes amis
prévoir leur prochain week-end
ensemble. Je savais que je ne serais
plus avec eux. Mais j’ai eu une belle
surprise, car ils m’ont organisé un
party de départ. Laurence m’avait
demandé de venir chez elle étudier pour
notre examen de mathématiques. Quand
je suis descendue au sous-sol, tous mes
amis sont sortis de leur cachette en
criant et en applaudissant. Ils avaient
confectionné une gigantesque affiche où
était écrit: «On est avec toi Camille.»
COMMENT T'ES-TU SENTIE?
J’ai été touchée, mais aussi rassurée.
Inconsciemment, j’avais peur que mes
amis m’oublient, que mon déménagement
marque la fin de notre amitié. Je me
sentais seule au monde. Cette soirée
surprise m’a permis de réaliser que
j’étais importante à leurs yeux et qu’ils
m’épauleraient dans cette transition. Un
vrai boost d’adrénaline! Je me sentais
maintenant prête pour ce nouveau
départ. Le déménagement me paraissait
plus excitant et plus positif. Mais j’étais
tout de même encore très nerveuse…
QU'EST-CE QUI T'ANGOISSAIT?
Principalement mon intégration dans ma
nouvelle école. La seule idée de devoir
me faire de nouveaux amis me terrifiait.
J’avais peur d’être confrontée à des
cliques fermées, que les autres élèves
me snobent ou m’ignorent. Pourtant, je
sais que je suis une fille généreuse et
sociable. Mais, comme je suis un peu
timide, j’imaginais des scénarios dignes
d’un film d’horreur. J’en faisais des
cauchemars la nuit.
COMMENT S'EST DÉROULÉ LE DÉMÉNAGEMENT?
Ma famille et moi avons débarqué à
Montréal au beau milieu de l’année
scolaire. Dur, dur… Les bruits de la ville,
les transports en commun, le condo…
Le dépaysement total! J’aurais voulu
m’intégrer en quelques jours, mais j’ai
dû faire preuve de réalisme et de
patience. J’ai dû accepter qu’il était
normal que je me sente dépaysée.
COMMENT SE SONT DÉROULÉES TES PREMIÈRES JOURNÉES D'ÉCOLE?
J’avoue que ce n’était pas facile. Je me
suis souvent perdue dans les couloirs,
je me suis retrouvée accidentellement
devant les casiers des gars et je suis
même arrivée en retard à mon cours
d’éducation physique parce que je ne
trouvais pas le gymnase! Je me sentais
un peu seule, comme une étrangère en
territoire inconnu. Quand je revenais
à la maison, j’avais l’impression qu’un
camion-citerne m’était passé dessus
tellement j’étais exténuée! Pourtant,
j’ai refusé de baisser les bras.
QUELLE A ÉTÉ TA STRATÉGIE POUR TE FAIRE DE NOUVEAUX AMIS?
Malgré ma nervosité, je m’efforçais de
sourire et de saluer les autres élèves.
J’ai remarqué qu’une de mes voisines
de classe semblait particulièrement
sympathique. J’ai commencé à lui
demander des renseignements sur les
enseignants, les devoirs, les activités
parascolaires... J’ai pris conscience que
poser des questions m’aidait à créer
des liens plus facilement avec les
autres. De fil en aiguille, elle m’a
présentée à ses amis et j’ai commencé
à dîner avec eux.
AVAIS-TU D'AUTRES APPRÉHENSIONS?
Oui, j’avais peur de prendre du retard
en mathématiques. À Trois-Rivières,
j’avais déjà quelques difficultés avec
cette matière et je craignais que la
situation empire avec le stress du
déménagement. Mes parents m’ont
conseillé d’en parler d’emblée à ma
professeure, ce que j’ai fait. Elle a été
très compréhensive et m’a offert son
aide. Je suis allée la voir quelques fois
après les cours pour lui demander des
explications supplémentaires. Et ça a
fonctionné! Je n’ai jamais été aussi
bonne en mathématiques...
RÉUSSIS-TU À GARDER CONTACT AVEC TES ANCIENS AMIS?
Je leur écris toutes les semaines
par courriel et je téléphone
régulièrement à Laurence.
Bien sûr, je la vois moins
souvent, mais je ne l’ai
pas perdue de vue.
Je suis contente
d’avoir de
nouveaux amis
à Montréal.
J’apprends
à apprécier
cette ville,
même si l’ambiance
est très différente
de celle de
Trois-Rivières.
Et j’espère toujours
croiser Guillaume
Latendresse!
QUEL CONSEIL DONNERAIS-TU AUX LECTRICES QUI DOIVENT CHANGER D'ÉCOLE?
Laisse-toi le temps d’apprivoiser ta
nouvelle vie. Il est normal de se sentir
seule et dépaysée les premières
semaines. Alors, même si tu manges
toute seule pendant quelques jours,
ce n’est pas la fin du monde! Il faut
seulement te laisser du temps et oser
aller vers les autres, petit à petit.
Tu verras, tu sortiras grandie de
cette expérience!
Consulte notre DOSSIER RENTRÉE pour bien t'y préparer!

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